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Les Permanences d'Accès aux Soins de Santé (PASS)

Les permanences d’accès aux soins de santé (PASS) sont des cellules de prise en charge médico-sociale, qui doivent faciliter l’accès des personnes démunies non seulement au système hospitalier mais aussi aux réseaux institutionnels ou associatifs de soins, d’accueil et d’accompagnement social.

Publications

08/12/2006 Rapport - Après Sangatte, l'inhumanitaire au quotidien

Des centaines de personnes migrantes affluent à Calais, pour rejoindre l'Angleterre. Qu'ils soient Afghans, Pakistanais, Iraniens, Erythréens ou Somaliens, ils viennent tous de pays où les conditions de vie sont très difficiles.

14/03/2006 Rapport - Forum : « Calais ou l'inhumanitaire au quotidien »

Actes du forum du 10 décembre 2005 « Calais ou l'inhumanitaire au quotidien ». La « mission Calais », de MdM, lancée en mars 2005, a pour objectifs d'améliorer l'accès aux soins de santé des migrants par des consultations médicales.


Mission Calais

Mission migrants - CALAIS

Date d’ouverture : mars 2005

Adresse 1 : Martine Devries: 12 rue des Soupirants - 62100 Calais
Téléphone / Fax : 03 21 34 40 64 / Email : martine.devries@wanadoo.fr

Adresse 2 : Philippe Pluvinage : 28 rue Pauline - 94120 Fontenay sous Bois
Téléphone / Fax :01 48 77 84 01 / 06 75 54 96 14 / Email : phpluv@club-internet.fr

Adresse 3 : Jean Marie Benois : 19 rue Solferino - 59000 Lille
Téléphone / Fax : 06 50 37 77 03 / Email : jm.benois@gmail.com

Nom des responsables : Dr Martine DEVRIES – Dr Philippe PLUVINAGE – Dr Guy Dehaut
Nom du chargé de projet : Jean Marie BENOIS
Nom du coordinateur médical : Monique Delannoy (infirmière bénévole)

CHIFFRES

BUDGET

Budget 2007 réalisé : 47 224 euros
Budget prévisionnel 2008 : 65 180 euros

EQUIPE 2007

Le nombre total de participants à l’action (bénévoles et/ou salariés, si salariés, préciser l’etp) : 32 (30 bénévoles, 1 chargé de projet à mi-temps et 1 interprète à temps partiel)
Nombre de bénévoles uniquement impliqués sur cette mission : 30

ACTIVITE EN 2007

Nombre total de contacts dans l’année : 1 171
Nombre de personnes différentes rencontrées : 421 (190 Rroms, environ 225 migrants, 6 français)

Dont nombre de nouvelles personnes rencontrées : 421

Nombre de consultations :

  • Médicales : 1 141 (au cours desquels des actes infirmiers ont pu être réalisés ainsi que des entretiens psychologiques)
  • Médicales avec délivrance de médicaments + coûts des médicaments : 6 000 euros
  • Sociales : 60
  • Actes infirmiers : 550
  • Entretiens psychologiques : 165

PROFIL DES PATIENTS EN 2007 (RROMS ET MIGRANTS)

Hommes : 63 %
Femmes : 37 %

Tranches d’âges :
0 – 20 ans : 37 %
20 – 40 ans : 51,5 %
40 – 60 ans : 2,8 %
60 ans et + : 0,2 %
Non Déterminé : 8,5 %

Moyenne d’âge : 24 ans

Français : 0 %
Etrangers : 100 %


Monsieur le Ministre,

En réponse à votre lettre du 7 avril et après votre passage fin janvier 2009 à Calais, voici les propositions de Médecins du Monde pour améliorer l’accès aux soins des populations migrantes.

D’abord et avant tout, nous souhaitons attirer votre attention sur l’absence d’accès à l’eau potable accessible de la « jungle »; les migrants se rendent dans l'usine Tioxyde pour utiliser douches et points d'eau, contrevenant ainsi au règlement d'une usine classée Seveso. L' accès à l'eau a été coupé il y a quelques jours et il devrait être rétabli en différents points de la ville : c’est une mesure simple et efficace en matière de réduction des risques sanitaires, tant pour les migrants qu’en termes de santé publique. Depuis quelques jours ils utilisent également les eaux rejetées par l’usine dans un canal, (eaux blanches et tièdes) pour se laver, et laver leur linge, s'exposant ainsi probablement à des risques toxiques. Les migrants se plaignent fréquemment de nausées et de douleurs abdominales, sans qu'on puisse établir pour le moment de lien avec certitude. Le « délit » consistant à y accéder n'est motivé que par l'absence d'eau potable à proximité du campement et à l'absence de douches sur tout le territoire de Calais. Il y avait déjà une recrudescence des cas de gales et de surinfections cutanées, voici maintenant des risques de toxicité.
En tant qu’association médicale, nos propositions, se basent sur la notion de droit à la santé. Droit qui trouve son fondement dans le Préambule de la Constitution française du 27 octobre 1946. Ainsi, il est écrit, alinéa 11, que la « Nation garantit à tous, notamment à l'enfant, à la mère et aux vieux travailleurs, la protection de la santé… ». Toute personne sur le territoire, quel que soit son statut administratif, doit pouvoir bénéficier d'un égal accès aux soins.

Les dispositifs qu'il faut mettre en place ou renforcer pour les "migrants en transit", sont ceux qui existent dans le droit commun et sont régis par des textes de loi :

- les Permanences d’Accès aux Soins de Santé (PASS) permettent la prise en charge des publics en situation de précarité. Il s’agit d’un dispositif hospitalier d’accès aux soins gratuits et d’ouverture de droits pour les plus démunis. La loi de lutte contre les exclusions du 29 juillet 1998 prévoyait d’ouvrir 500 PASS en France. Ce dispositif a été mis en place à l’hôpital de Calais, sous l’impulsion de Médecins du Monde, et doit être généralisé à l’ensemble des établissements de santé participant au service public hospitalier de la région conformément aux textes de loi.
Par ailleurs, la mise en place d’une PASS mobile, comme le permet la circulaire du 17 décembre 1998 et sur le modèle de celle mise en place sur Valenciennes, permettrait d’aller sur les lieux de vie des publics et de les inscrire dans un réseau de prise en charge cohérent.
Ce dispositif doit être naturellement complété par la mise en place de Lits Halte Soins Santé (LHSS). Ces LHSS offrent une prise en charge médico-sociale des personnes en situation de précarité, ne relevant plus de l’établissement hospitalier. Ces lits permettent de poursuivre les soins des personnes sans abri et sont destinés à l’accueil temporaire des personnes, quelle que soit leur situation administrative. Il faut rappeler que les 6 LHSS alloués à Calais sont insuffisants, aux vues du nombre de personnes qui pourraient en bénéficier
Nous avions évoqué ces sujets lors du tour de table de janvier 2009. Médecins du Monde, après celle de Calais, tente d’obtenir des PASS efficientes, indépendantes du service des Urgences, notamment à Dunkerque où les discussions avec la direction piétinent, au grand dam de l’accès aux soins des populations les plus précaires.
La situation des mineurs est également préoccupante. La France est signataire de la convention internationale des droits de l’enfant, elle leur doit protection et à ce titre, les mineurs doivent être accompagnés et accueillis dans des centres appropriés aux jeunes migrants, qui à l’heure actuelle ne sont pas suffisamment développés dans le Calaisis.
Par ailleurs, la diffusion des informations sur les droits des personnes, lorsqu'elles sont en transit sur le territoire français, est indispensable (informations qui devraient être traduites dans les principales langues parlées par les migrants) : droit d'asile et procédures, accès aux dispositifs de soins... Des informations objectives pourraient limiter celles, erronées, qui peuvent être fournies par des tiers.
Les étrangers gravement malades, ne pouvant se soigner dans leur pays d’origine doivent pouvoir bénéficier d'une régularisation pour raisons médicales, conformément aux lois de 1997 et de 1998.
D’une façon générale, les formalités administratives doivent être accessibles à Calais et non, en l’espèce, à Arras, ville distante de 100 km, ce qui crée des difficultés voire des impossibilités pour des personnes malades.
Enfin, nous demandons l'abrogation de la circulaire du 21 février 2006 portant sur les conditions d'interpellations des étrangers en situation irrégulière. Cette circulaire qui mentionne les lieux d'interpellation comme les hôpitaux, les accueils des associations, remet en cause les principes fondateurs de la déontologie médicale.
Espérant que nos demandes auront été entendues, je vous prie de bien vouloir agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de ma très haute considération.
Martine Devries Philippe Pluvinage et Benoit Savatier

Mai 2009


Les clandestins bien soignés à la PASS de Calais

À Calais, les clandestins reçoivent des soins de santé. Mais la mission migrants du littoral Nord-Pas-de-Calais peine à accéder aux migrants cachés dans les squats.

La fermeture du centre d'hébergement de Sangatte, en novembre 2002, n'a pas tari le flux des clandestins en transit vers l’Angleterre. Des bénévoles de MdM ont assuré des consultations médicales et infirmières jusqu’en décembre 2006, date à laquelle une PASS (permanence d’accès aux soins de santé) a vu le jour à l’hôpital de Calais. C'est la seule de la région. Des consultations ouvertes cinq après-midi par semaine accueillent entre 15 et 30 personnes. Parmi les patients reçus, les Pakistanais, les Afghans, les Kurdes d’Irak sont les plus représentés. «Les soins médicaux, principalement pour des problèmes dermatologiques, des troubles ORL et digestifs, sont dispensés dans de bonnes conditions. Le lieu est agréable et toutes les personnes peuvent se doucher avant de voir un médecin», se félicite Martine Devries, médecin généraliste responsable de la mission migrants du littoral Nord- Pas-de-Calais. Les actes médicaux nécessitant un spécialiste et les examens complémentaires sont pris en charge par l’hôpital de Calais. Sauf les soins dentaires, pour lesquels le dossier est à l’étude. L’un des points noirs de la mission reste l’accès aux personnes cachées dans des squats loin de Calais. «Elles sont environ 500, en grande souffrance physique et psychique, sans eau, ni WC. Parmi elles, il y a beaucoup de mineurs isolés, explique Martine Devries. Et elles sont harcelés par la police.» Une consultation est organisée une fois par semaine seulement et les bénévoles de MdM travaillent dans des conditions difficiles, parfois à l’arrière de leur voiture. « L’obtention d’une camionnette améliorera la qualité et la rapidité de ces interventions », espère Philippe Pluvinage, co-responsable de mission.

STÉPHANIE LELONGA.

A, Kurde irakien, 24 ans, rencontré par la mission mobile de MdM Pas-de-Calais.

Diplômé d’anglais, il était professeur dans un lycée. Il a servi d’interprète aux Américains présents dans sa région. Lorsqu’ils sont partis, il s’est retrouvé à la merci des opposants à la présence américaine en Irak. Il a en sa possession un document qui prouve que sa vie était menacée. Le médecin de MdM le reçoit pour des plaies sur la main gauche qu’il se taille à chaque fois qu’il ne parvient pas à passer vers l’Angleterre. Il a de plus en plus de difficultés à supporter l’idée qu’il pourrait échouer si près du but.



Mission migrants - CALAIS

OBJECTIFS

Faciliter l’accès aux soins des migrants en transit à Calais.

DESCRIPTION DE LACTIVITE

Nombre de sorties effectuées dans l’année : 72 (38 pour les Rroms de Boulogne, 34 pour les migrants de Dunkerque) plus les consultations réalisées en cabinet à Calais.
Lieux : Calais, Dunkerque, Boulogne sur Mer, Norrent-Fontes.
Permanences éventuelles en lieu fixe (avec jours et horaires) : mercredi 17h00 Consultation Rroms, mardi 10h00 consultations migrants à Dunkerque.

PARTENARIATS

Secours CATHOLIQUE, Collectifs C’Sur, Collectif de soutien aux Rroms du Boulonnais, AGAR (Agir Avec les Rroms), LDH, Association Blanzy-Pourre 190, Fondation Abbé Pierre,… (sans convention)

Août 2008